Épisode 7 - Les émotions
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Du fait de la socialisation différenciée qui perpétuent les stéréotypes de genre, les garçons grandissent en apprenant à se conformer à un idéal viril qui valorise le contrôle de soi et dévalorise les émotions et leur expression. Le fameux "un garçon, ça ne pleure pas » condense cette injonction à se contenir, la colère faisant exception en tant qu’émotion jugée compatible avec l’idéal viril. La chute de l'expression émotionnelle chez les garçons se joue ainsi dès l'âge de 5-7 ans : ils apprennent à masquer les expressions faciales et verbales qui pourraient leur valoir les moqueries des autres garçons.
Les parents se comportent différemment dans leurs relations aux filles, qui sont encouragées à verbaliser ce qu’elles ressentent (« Pourquoi tu es triste ?"), et aux garçons qu’ils encouragent à rester forts (« C'est rien, relève-toi »). Ils font en sorte que leurs enfants développent des compétences socialement désirées en matière d’émotions : ils acceptent l’expression de la tristesse et de la peur chez leur fille, mais pas chez leur fils ; ils acceptent celle de la colère et du mépris chez leur fils, mais pas chez leur fille.
À l’école, le fait de se conformer, ou pas, aux comportements émotionnels attendus produit des effets. Les garçons qui pleurent facilement sont considérés comme faibles et vulnérables, quand les filles sont encouragées à ressentir et exprimer pleinement leurs émotions. Mais la répression des émotions demande une énergie mentale considérable qui peut entraîner de l'anxiété, de l'agressivité ou un retrait social.