Épisode 2 - À l'école
4m 57s
Vers l'âge de trois ans, les enfants manifestent une conscience des activités typiquement genrées (cuisiner ou nettoyer pour les filles, jouer avec des voitures ou grimper aux arbres pour les garçons) et commencent à utiliser correctement des mots référés au genre. La socialisation genrée s'avère donc précoce, dans le cadre familial, puis se prolonge à l’école.
Des études montrent que les qualités supposément féminines (calme, sérieux, prudence, faiblesse, expressivité des émotions, meilleur respect des règles) et masculines (énergie, insouciance, courage, force, répression des émotions, plus grande propension à la désobéissance) sont entretenues par les enseignant·es qui considèrent par exemple que les filles sont plus studieuses et plus investies dans les activités scolaires que les garçons (Insee 2022).
Par ailleurs, l’univers culturel des 6-14 ans est marqué par de forts clivages de sexe qui se renforcent à l’adolescence, avec la valorisation d’une virilité caricaturale d’un côté et d’une féminité hypersexualisée de l’autre. Cette forte distinction genrée se traduit par une juxtaposition des groupes de sexe : filles et garçons se tournent autour, se provoquent, se séduisent, mais sans jamais vraiment vivre ensemble. La mixité cache en réalité une séparation genrée.